Accompagner la peur pour mieux progresser.
Tous les témoignages des Brèves de séance de ce site sont réels, seuls les prénoms et les photos ont été modifiés.
Voici un témoignage de Manon Ronco, Psychomotricienne qui a participé à la formation “ Comment aider les enfants à mieux réguler leurs émotions”.
Aujourd’hui, j’ai accueilli Amine, 4 ans, pour une séance axée sur les difficultés motrices, accompagné de son papa.
Au cours d’un parcours moteur, il a dû grimper sur un petit escabeau.
La montée s’est bien passée, mais une fois en haut, il s’est figé, submergé par la peur.
Son corps s’est crispé, sa respiration s’est accélérée, son regard s’est empli de détresse.
Il demandait vivement de l’aide, suppliant presque l’aide, totalement paralysé, incapable d’aller plus loin.
Son papa insiste pour qu’il redescende par là où il était monté, mais impossible :
👉 Son cerveau n’était plus en mesure d’analyser la situation, ni de trouver une solution.
👉 Tout ce qu’il voulait, c’était être porté pour être en sécurité dans les bras de l’adulte
J’ai alors expliqué à son papa que lorsque l’émotion est trop forte, elle prend le dessus sur la réflexion. C’est comme un voile qui brouille les sens, empêchant d’entendre, de voir, de comprendre. Dans ces moments-là, les encouragements et explications ne suffisent pas, car l’enfant est déconnecté.
Les émotions, même intenses, sont essentielles : elles assurent notre survie et nous indiquent ce qui est important pour nous.
Une fois apaisé, nous avons proposé à Amine une autre approche :
– Observer la démonstration.
– Recevoir des encouragements en dehors du moment de panique.
– S’entraîner progressivement à monter et redescendre
Il a alors voulu rééssayer malgré la grande peur qu’il avait ressenti. En effet, l’émotion , grâce au câlin dans les bras, a bien diminué.
Petit à petit, il a réussi à monter deux barreaux, puis à redescendre. Progressivement, il a repris confiance et, avec un léger soutien, il a franchi l’échelle en entier.
Sa fierté était immense ! Il était tellement heureux qu’il a voulu recommencer plusieurs fois, transformant un moment de détresse en réussite.
À la fin de la séance, nous avons pris un moment pour mettre des mots sur ce qu’il venait de vivre, avec son papa :
« La peur t’a empêchée d’avancer, mais elle t’a aussi appris à chercher la sécurité avant de recommencer. »
Un déclic chez le papa.
Il m’a confié qu’il n’avait jamais regardé les choses sous cet angle, mais que cela lui semblait maintenant évident.
Il a réalisé qu’il pouvait mieux ajuster ses réactions et qu’au lieu d’insister dans ces moments-là, il serait plus efficace de laisser passer l’émotion plutôt que d’user de l’énergie à proposer des solutions inutilement quand l’émotion forte est là.
Une belle avancée pour Amine et pour son papa !

























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