Accompagner l’annonce d’une hospitalisation avec l’écoute active.
Tous les témoignages des Brèves de séance de ce site sont réels, seuls les prénoms et les photos ont été modifiés.
Voici un témoignage de Virginie Badoz, Sophrologue qui a participé à la formation “ Comment aider les enfants à mieux réguler leurs émotions”.
Vendredi dernier, j’ai dû annoncer à mon fils qu’il allait être de nouveau hospitalisé dès lundi pour ses problèmes de santé.
Sa réaction a été immédiate et intense : il a hurlé, jeté tout ce qui se trouvait sur son passage, en larmes et submergé par l’émotion.
Plutôt que d’interrompre son débordement, j’ai simplement mis des mots sur ce qu’il ressentait :
🗣 « Ça te rend triste de devoir y retourner ? Ça te met en colère ? »
Dans un premier temps, je l’ai laissé exprimer son émotion : bouger, crier, se défouler. Après un moment, j’ai pu lui parler en mettant en place l’écoute active.
Il a voulu appeler l’hôpital pour comprendre pourquoi il devait y retourner. Je l’ai laissé faire. Au téléphone, il a aussi crié son refus.
Puis, j’ai continué à lui parler, toujours en écoute active, en lui montrant que je comprenais sa colère et sa tristesse. Nous avons échangé pendant des heures. Peu à peu, Edouard a accepté ses émotions et a pu les extérioriser, il s’est apaisé et a passé un bon week-end en famille.
L’émotion de colère s’est arrêtée et celle de la tristesse a subsisté encore un peu à cause de la séparation (que je vis moi-même assez difficilement). Il faut certainement que je travaille cette angoisse de séparation de mon côté pour que lui l’accepte mieux.
Lundi matin, le départ pour l’hôpital a été totalement différent des fois précédentes :
– Pas de crise d’angoisse ni de colère comme nous en avions lors des précédentes hospitalisations.
– Quelques larmes, mais un regard plus serein.
– Un sourire et des « Je t’aime » quand nous l’avons quitté.
Lors des précédentes hospitalisations, le personnel médical pouvait se retrouver à cinq personnes pour le maintenir au sol à cause de ses crises de colère très violentes, quand nous devions repartir de l’hôpital et le laisser.
Cette fois-ci, l’émotion de colère s’est apaisée, laissant place à la tristesse, plus douce, liée à la séparation.
Ce que j’ai retenu de cette expérience
Je me suis assurée de ne pas minimiser ses émotions, de ne pas donner de solutions, et de l’accompagner à trouver les siennes.
L’écoute active lui a permis d’extérioriser sa tristesse et sa colère, de les accueillir plutôt que de les combattre, ce qui l’a aidé à mieux vivre cette hospitalisation.
Je ressens moi-même une angoisse de séparation, et j’ai pris conscience que je devais aussi la travailler pour lui transmettre plus de sérénité.
Une belle leçon sur l’accompagnement émotionnel, autant pour lui que pour moi.

























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