Gérer l’injustice et l’émotion de Maxence 4 ans.
Tous les témoignages des Brèves de séance de ce site sont réels, seuls les prénoms et les photos ont été modifiés.
Voici un témoignage de Ludivine Ballé, Psychomotricienne qui a participé à la formation “ Comment aider les enfants à mieux réguler leurs émotions”.
Dans le cadre d’un bilan pour « difficultés de gestion émotionnelle » demandé par l’école, je me suis rendu sur place pour observer Maxence, 4 ans.
L’équipe enseignante rapportait qu’il faisait de grosses crises de colère, notamment lors des moments de rangement ou lorsqu’il tentait d’interagir avec un adulte sans obtenir de réponse.
Lors d’un temps de rangement, je l’ai observé attentivement : il était parfaitement calme. Puis soudain, une petite fille s’est mise à pleurer et a affirmé qu’il l’avait frappée. Or, ce n’était pas le cas.
Sans vérifier, l’institutrice l’a immédiatement saisi par le bras et grondé avec virulence, avant de le mettre au coin. Le petit garçon s’est alors effondré dans une colère incontrôlable.
Face à cette situation injuste, je ne savais pas comment réagir sur le moment.
Aller voir l’institutrice n’aurait probablement pas aidé.
Mais voir cet enfant de 4 ans hurler, se mordre jusqu’au sang totalement dépassé par ses émotions, m’a profondément inquiétée.
Je savais qu’il avait subi de la violence physique dans son enfance et que le contact forcé était insupportable pour lui.
L’intervention de la maîtresse l’avait donc terrifié autant qu’elle l’avait blessé.
Je me suis approchée doucement et lui ai dit :
🗣️ « Je vois que tu es en colère. Je pense que c’est parce que tu trouves cela injuste : tu étais sage et tu t’es fait gronder. En plus, tu n’aimes pas qu’on te touche, et la maîtresse t’a pris par le bras, ce qui t’a fait peur et mal. »
Aussitôt, il a cessé de hurler et de se mordre, puis s’est caressé le bras comme pour se rassurer. Il a encore pleuré quelques minutes, mais progressivement, son souffle est redevenu plus calme.
Malheureusement, l’ATSEM est ensuite revenue pour le gronder à nouveau, répétant ce qui s’était passé. Il a immédiatement plaqué ses mains sur ses oreilles pour ne pas entendre, ce qui l’a mise en colère, déclenchant une nouvelle crise.
J’ai alors reformulé :
🗣️ « Je comprends, tu es triste parce que tu étais calme et que Manuella est revenue te gronder à nouveau. Est-ce que tu veux que je t’aide à mettre tes chaussures pour aller en récréation ? »
Il a remis ses chaussures tout seul, s’est habillé et est parti jouer en récréation.
Une simple validation de son émotion a suffi pour l’aider à se recentrer.
Un exemple puissant de l’impact de l’écoute et de la reconnaissance des ressentis des enfants.
Ballé Ludivine, Psychomotricienne D.E.

























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