Aujourd’hui, j’ai reçu un patient qui est en CM2 et que j’accompagne depuis un moment. Il présente un TDAH, et nous travaillons notamment les fonctions exécutives à travers des jeux comme Bazar Bizarre.
Pour l’instant, le but est de retrouver le bon personnage correspondant à la carte, sans contrainte de temps ni compétition. Mais il y a deux consignes et il en oublie une… Je lui réexplique mais l’émotion est là, elle l’empêche de bien réfléchir et plus il se trompe, plus les erreurs s’enchaînent.
🗣️ Je lui demande quelle émotion il ressent. Nous écartons la joie et la fierté… Il identifie la colère.
🗣️ Je lui demande ce qui l’énerve : moi, lui ? Il me dit qu’il n’aime pas ce jeu, qu’il l’énerve et qu’il veut arrêter.
🗣️ Je lui demande ensuite s’il ressent autre chose, peut-être de la honte. Il me dit « non ». Nous retournons à l’exercice et ses yeux se remplissent de larmes…
Il reconnaît alors l’émotion : de la tristesse.
Il se met à pleurer. 🗣️ Je lui propose de changer d’activité, d’aller jouer quelques minutes au ballon, mais il souhaite continuer et il est comme prostré. Le problème, c’est qu’il est toujours débordé par ses émotions — merci la dysrégulation émotionnelle du TDAH — et n’y arrive toujours pas.
🗣️ Je lui explique qu’il faut vraiment qu’il fasse autre chose. Je lui propose de prendre son jeu préféré du cabinet : il finit par réussir à se lever, prend le jeu et termine rapidement une partie.
🗣️ Et là, je lui repropose Bazar Bizarre. Son visage s’assombrit et il refuse… Il préfère choisir encore un autre jeu. J’accepte, mais je lui propose un petit défi : juste deux cartes.
Et là… une réussite, une 2e réussite.
🗣️ Je lui dis qu’il peut prendre l’autre jeu.
Il veut faire une 3e carte…
Et là, il ne veut plus s’arrêter. Il ne retourne même pas à son jeu préféré malgré ma proposition. Il fait les 50 cartes restantes !!!!
N’oublions pas le rôle primordial de la régulation émotionnelle dans les fonctions exécutives.


























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